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mercredi 10 juin 2015

12 juin : journée mondiale contre le travail des enfants

Ce 12 juin a été décrété par les Nations Unies "Journée mondiale contre le travail des enfants".
 Le nombre d'enfants dans le monde obligés de travailler au lieu d'aller à l'école se comptent en effet par millions.
Quelques pistes de lecture pour explorer un sujet malheureusement encore et toujours d'actualité...

Juan vit au Guatemala.  Abandonné par ses parents, il vit chez sa grand-mère, au milieu d'une très nombreuse tribu de cousins.  Mais la famille est pauvre, et Juan a dû apprendre le métier de cireur de chaussures.  Pas drôle tous les jours, alors qu'il rêve d'aller dans ce qui pour lui est le plus bel endroit du monde, l'école...

Le plus bel endroit du monde, par A. Cameron, ed. Ecole des Loisirs (Mouche), 70p.
( à partir de 8 ans) (Disponible à la bibliothèque en 30 exemplaires)


Mamy a 8 ans.  Adopté par une famille parisienne, il raconte ce qu'il vit aujourd'hui,
et les souvenirs de sa vie à Madagascar. Avec ses mots d'enfant, il rit, pleure, s'étonne et toujours revient la nostalgie de son village, de ses amis, de sa petite soeur laissée derrière lui.
A Madagascar, le monde se divise entre ceux qui ont des chaussures et ceux qui n'en ont pas.  La vie est dure, les gens sont pauvres, et Mamy pour survivre a exercé bien des métiers : chasseur de mouches, voleur de chaussures, gardien de voitures...
Une histoire pleine de chaleur et d'émotion, une formidable leçon de vie.

Le chasseur de mouches, par Danièle Fossette, ed. Flammarion-Castor poche, 1999, 142p. (à partir de 9-10 ans) (disponible à la bibliothèque en 30 exemplaires)




Parce qu'un monsieur bien habillé a promis de l'argent à ses parents, Soraya, 11 ans, quitte Madagascar et sa famille pour être domestique dans une famille bourgeoise à Paris.  Victime de patrons odieux et réduite à l'état d'esclave ménagère, la petite fille trouve heureusement de l'aide auprès de Jane, jeune fille au pair anglaise engagée par la famille...

Liberty chérie, par Mano Gentil, ed. Magnard jeunesse (Tipik junior), 2003, 121p. (à partir de 11 ans)





Quelque part en Chine, aujourd'hui. A la mort de son père, Si-Yan, 11 ans, est vendue par son oncle comme servante dans une famille riche, et ainsi séparée de sa mère et de son petit frère, loin de la vie pauvre mais heureuse qu'elle menait jusque là, dans son petit village.
Traitée comme une esclave par la famille qui l'a achetée, Si-Yan s'enfuit, mais c'est pour connaître la vie aussi épouvantable d'ouvrière à la chaîne dans une usine de jouets. Seule la solidarité permet d'y survivre...
Basée sur des faits réels, une histoire prenante et facile à lire, qui plaira sans nul doute aux amateurs d'"histoires vraies".

Le rêve de Si-Yan, par Sally Grindley, ed. Flammarion (Castor poche), 2007, 263p.(à partir de 11-12 ans)




Gopal a quitté son village indien avec toute sa famille pour rejoindre Bombay, dans l'espoir d'une vie meilleure.  Là, ils en sont sûrs, ils trouveront du travail.  Mais bien sûr, la réalité est bien différente de leurs espérances.  Croyant trouver un travail pour aider ses parents, l'adolescent se retrouve séquestré dans un atelier clandestin.  Là, en compagnie de cinq autres enfants, il colle des perles sur des cadres, en respirant des vapeurs toxiques, du lever du soleil à la nuit noire.  Et pas question de s'enfuir, Balafre le garde-chiourme sait où vit la famille de Gopal et n'hésitera pas à se venger sur eux...


Garçons sans noms, par Kashmira Sheth, ed. Ecole des loisirs, (coll. Medium), 2013, 350p.





Alberto et Sonny ont 12 ans et aiment le foot et les friandises.  Mais en Colombie où ils vivent, dans ces
faubourgs où règnent la violence et la misère, on bascule bien trop vite dans l'âge adulte.
Alberto et Sonny vont être happés par un système qui, croient-ils, va leur permettre de vivre mieux mais qui en fait les conduira purement et simplement à la mort.
Reflet d'une réalité terrible, ce roman raconte la vie sans espoirs des enfants qui travaillent pour les cartels de la drogue.  Un livre secouant.

L'enfant qui savait tuer, par M.Whyman, ed. Gallimard (Scripto), 2006, 221p. (à partir de 14-15 ans)





 Du côté documentaire, un très bel album paru chez Milan décrypte les différents aspects d'une réalité qui pourrait tristement se résumer à cette affirmation -choc : "dans le monde, un enfant sur 7 travaille."
Enfants domestiques, enfants des rues, enfants des mines, enfants soldats... Des portraits et des témoignages pour expliquer comment et pourquoi la convention sur les droits de l'enfant est ainsi quotidiennement niée partout dans le monde.


Le travail des enfants, par Marc Halévy, ed. Milan jeunesse, 2010, 61p. ( à partir de 12 ans)


Isabelle P.







mardi 24 août 2010

Reviens, Mamie Lise!


Pour Julien et Pauline, le monde ne tourne plus rond depuis que Mamie Lise est morte.
Alors dans l'esprit des deux enfants naît l'idée un peu folle mais inspirée par l'amour qu'ils portent à leur grand-mère de la faire redescendre du nuage d'où, leur a-t-on dit, elle les regarde toujours.
Pour cela, rien de plus simple : s'ils accumulent suffisamment de très très grosses bêtises, Mamie Lise qui ne supportait pas cela, sera bien obligée de quitter les anges pour venir les gronder en personne!
De son côté Gustave, l'ange chargé de conduire Mamie Lise au paradis n'a pas la tâche facile : Mamie Lise en effet n'a aucune envie de quitter ses petits-enfants. Elle le voit bien, que Pauline et Julien ne vont pas bien. Alors le ciel peut attendre!...
La mort, le deuil sont des sujets délicats à aborder en littérature de jeunesse. Auteure et illustratrice ont réussi une très belle symbiose dans ce roman touchant, au ton toujours juste.


Reviens Mamie Lise!, par Katja Henkel et Sybille Hein, ed. Bayard jeunesse (coll. Estampillette), 2010, 191p.

Isabelle P.

mercredi 16 juin 2010

Mon carnet de haïkus


"Un haïku, qu'est-ce que c'est?
Un jeu de société? un art martial? un oiseau exotique?
Non, c'est un poème court qui en dit long, mine de rien. C'est ainsi que, depuis des siècles, les Japonais expriment leur bonheur, leur agacement, leur tristesse, leur étonnement, leur joie d'être au monde".
C'est à l'écriture de ces haïkus que l'auteur nous invite dans ce carnet. Et pour nous plonger dans l'ambiance de ces instantanés littéraires en trois lignes, Anne Tardy en a sélectionné un certain nombre, écrits par elle et illustrés avec beaucoup de délicatesse par Georges Lemoine.
Souvenirs de voyage ou d'émotions, moments tristes ou joyeux, petits riens qui fâchent ou font sourire...les occasions sont multiples, et l'exercice se pratique avec bonheur à tout âge!

Mon carnet de haïkus : 200 haïkus pour les moments de tous les jours, par Anne Tardy, ill. Georges Lemoine, ed. Gallimard, 2004.

Isabelle P.

vendredi 6 février 2009

Ateliers-philo pour enfants

Sous le titre évocateur de "Tu penses, il pense, partageons", Angélique Piéropan propose aux bibliothèques du réseau d'Uccle une série d'ateliers-philo destinés aux enfants de 10 à 12 ans.
Réfléchir ensemble à partir de petits textes et des jeux proposés par l'animatrice, partager son vécu, aiguiser son sens critique, apprendre à écouter, échanger, respecter l'autre... Un beau programme, à mettre en pratique lors de trois sessions au choix, les samedis de février, mars et avril 2009.
A la bibliothèque du Centre, les ateliers ont lieu de 10 h 30 à 12 h., accueillent un maximum de 12 enfants, et sont gratuits.
Première session : 7, 14 et 21 février.
Deuxième session : 28 février, 7 et 14 mars.
Troisième session : 21, 28 mars et 4 avril.
La réservation, indispensable, peut se faire à la bibliothèque au 02/348.65.29 ou via l'animatrice au 0479/59.75.27
Une belle expérience à vivre pour les enfants intéressés!

Parallèllement à ces ateliers, Angélique Pieropan en propose d'autres à l'intention des classes du 3ème cycle d'enseignement primaire et 1ère année du secondaire. Le contenu est semblable à ceux proposés en bibliothèque, les deux premières séances ont lieu en classe, la troisième à la bibliothèque.
Quand? Selon les horaires de cours, les lundis et mardi de février, mars et début avril.
Conditions? Gratuit!
Réservation et renseignements : à la bibliothèque : 02/348.65.29 ou via l'animatrice : 0479/59.75.27


Envie d'un avant-goût littéraire à ces ateliers?
Plongez-vous dans les Philo-fables rassemblées par Michel Piquemal!
Soixante petites histoires simples mais riches de sens pour aider les enfants à penser "plus grand et plus loin". Un plaisir à prolonger avec le deuxième volume, "les philo-fables pour vivre ensemble"...

Allez, on ne résiste pas, on vous offre une petite histoire! :-)


"Devant la grande mosquée, quatre mendiants tendaient la main, lorsqu'un homme qui en sortait leur fit l'aumône.
-Prenez cette pièce et achetez-vous ce que bon vous semble! leur dit-il.
-Je sais ce que nous allons faire, dit le premier qui était persan. Avec cet argent, nous achèterons de l'angour que nous partagerons.
-Non, dit le second qui était arabe. Moi, je veux de l'inab.
- Pas question, dit le troisième qui était turc. Ni angour, ni inab, achetons de l'uzüm.
Le quatrième était grec, et il ne fut pas d'accord non plus.
- Moi, ce que je veux, c'est du stafil. Et leur dispute ne prit jamais fin.
Pourtant, sans le savoir, chacun dans sa langue réclamait la même chose : des raisins. Une belle grappe à se partager pour calmer leur faim et leur soif."
(Extrait des "philofables, p.60)

Les philo-fables, par Michel Piquemal, ed. Albin Michel, 2003;
Les philo-fables pour vivre ensemble, par Michel Piquemal, ed. Albin Michel, 2007


Isabelle P.

lundi 3 novembre 2008

Contes d'Alexandrie

Coup de coeur absolu pour ces Contes d'Alexandrie que la sélection 5 chouettes du prix Versele nous fait découvrir cette année.
L'auteur, Eglal Errera, est elle-même née dans cette ville "enroulée entre l'eau et le désert d'Egypte". "En ce temps-là, raconte-t-elle, on savait vivre ensemble même si on ne se ressemblait pas, si on ne parlait pas la même langue et si on ne goûtait pas aux mêmes plats... Dans cette ville pas comme les autres, on disait qu'il n'y avait pas d'étrangers ou bien que tout le monde l'était...".
Sur la terrasse d'une maison blanche, un homme, l'Alexandrin, raconte à un groupe d'enfants les cinq rencontres qui ont fait de lui l'homme heureux qu'il est. Cinq rencontres, cinq contes initiatiques qui célèbrent la tolérance, l'accueil de l'autre, l'art et la beauté comme moteur de vie...
Lue à haute voix, l'histoire égrène ses phrases avec une merveilleuse fluidité, et l'illustration d'Anne-Marie Adda ajoute à la séduction des mots. Faite de photographies anciennes, remaniées et recolorées, elle exprime avec force toute la nostalgie d'un paradis enfui.



Les éditions Actes Sud junior avaient déjà publié d'autres récits d'Eglal Errera, dans la collection Romans Cadet.
Dans "Les premiers jours", Rebecca Guerrero a 11 ans et quitte pour toujours Alexandrie où elle est née : "il paraît que les Juifs doivent s'en aller parce que ça va mal entre Israël et les pays arabes. Je suis juive, je m'en vais mais je ne comprends pas très bien pourquoi. On vivait assez bien tous ensemble et les disputes font partie de la vie..."
La voilà donc avec ses parents à Paris, ville mythique pour une Egyptienne francophone de cette époque, vivant avec bonheur, chagrin, angoisse, plaisir... toutes sortes de premières fois : la première fois en haut de la tour Eiffel, la première neige, le premier métro, le premier camenbert, le premier jour d'école...
A l'évidence, Eglal Errera puise dans son vécu pour raconter cette histoire toute en douceur, comme une chanson triste et gaie à la fois.
Autre exilée, d'origine iranienne, Marjane Satrapi (auteur entre autres de la bande dessinée "Persépolis") ajoute à ces "Premiers jours" son propre talent d'illustratrice.
Trois ans et cinq mois plus tard, Rebecca retrouve Alexandrie et ceux qu'elle y a laissés, pour une semaine de vacances. Mais le temps a passé, bien sûr, sur la ville aimée et perdue. "Trois ans d'absence pour un enfant, c'est une vie qui passe". Tout est plus petit que dans les souvenirs, Hamed le gardien de son enfance est courbé sur sa canne, Dahoud l'amoureux est parti et Marina, l'amie de toujours est devenue une étrangère, polie et lointaine. Heureusement, le parfum des fleurs d'Alexandrie, tubéreuses et jasmin d'Inde, lui, n'a pas changé. Il restera dans la mémoire de Rebecca qui repartira, riche à jamais de son passé et prête à vivre pleinement son avenir ailleurs.
Lisez et faites lire ces petits romans, merveilles de subtilité dans la description des sentiments, écrits dans une langue vibrante d'images et d'odeurs, vous ne le regretterez pas!

Et voici, pour terminer cet aperçu de l'oeuvre d'Eglal Errera, un autre conte, "l'étrange histoire de la princesse invisible et de son père le magnifique monarque que l'on appelait le Grand Silencieux".
La princesse invisible vit recluse en haut d'un donjon depuis le jour de sa naissance, personne jamais ne l'a vue. Le jour de ses 20 ans pourtant, le roi son père convoque tous les jeunes gens du royaume afin de lui trouver un époux...
Classique, me direz-vous... Que nenni! Mais on n'en dira pas plus, pour ne pas déflorer la fin de ce conte, tout simplement magnifique. Lisez-le, grands et petits, savourez chaque phrase de cette histoire d'amour et de liberté, c'est tout le mal qu'on vous souhaite aujourd'hui! :-)

Contes d'Alexandrie, par Eglal Errera, ed. Actes Sud Junior, 2008.

Les premiers jours, par Eglal Errera, ed. Actes Sud junior (Cadet - les premiers romans), 2002.

Les fleurs d'Alexandrie, par Eglal Errera, ed. Actes Sud junior (Cadet), 2006.

La princesse invisible, par Eglal Errera, ed. Ecole des loisirs (Mouche), 2001.

Isabelle P.