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mardi 24 août 2010

Reviens, Mamie Lise!


Pour Julien et Pauline, le monde ne tourne plus rond depuis que Mamie Lise est morte.
Alors dans l'esprit des deux enfants naît l'idée un peu folle mais inspirée par l'amour qu'ils portent à leur grand-mère de la faire redescendre du nuage d'où, leur a-t-on dit, elle les regarde toujours.
Pour cela, rien de plus simple : s'ils accumulent suffisamment de très très grosses bêtises, Mamie Lise qui ne supportait pas cela, sera bien obligée de quitter les anges pour venir les gronder en personne!
De son côté Gustave, l'ange chargé de conduire Mamie Lise au paradis n'a pas la tâche facile : Mamie Lise en effet n'a aucune envie de quitter ses petits-enfants. Elle le voit bien, que Pauline et Julien ne vont pas bien. Alors le ciel peut attendre!...
La mort, le deuil sont des sujets délicats à aborder en littérature de jeunesse. Auteure et illustratrice ont réussi une très belle symbiose dans ce roman touchant, au ton toujours juste.


Reviens Mamie Lise!, par Katja Henkel et Sybille Hein, ed. Bayard jeunesse (coll. Estampillette), 2010, 191p.

Isabelle P.

lundi 23 août 2010

le pendentif de jade


Voici un roman qui aurait pu figurer en bonne place dans notre sélection "Allez les filles!", publiée en mars dernier à l'occasion de la Journée de la femme (pour la consulter, voyez les rubriques à droite de l'écran).
Nous sommes à Londres, dans les années 1850. La "bonne société" y évite avec soin tout contact avec l'univers misérable des déshérités en tout genre, et seul le fleuve malodorant rappelle par ses miasmes aux privilégiés des beaux quartiers qu'il existe un monde différent de celui des bals et des fêtes.
Mary Quinn est la demoiselle de compagnie d'une de ces jeunes filles riches, Angelica Thorold. Elle sert le thé, et serre les dents sous la méchanceté de la donzelle trop gâtée.
C'est que Mary a une bonne raison de supporter le mauvais caractère d'Angelica : elle est en fait "infiltrée" dans cette famille par "the Agency", une organisation employée par Scotland Yard pour mener à bien certaines missions délicates.
Mary a du caractère et du courage, et heureusement, car son enquête ne sera pas de tout repos, d'autant que le jeune James, rencontré dans un placard va mettre son grain de sel dans l'histoire! :-)
Premier tome d'une nouvelle série, "le pendentif de jade" est un roman plein de rebondissements, qui se lira avec beaucoup de plaisir à partir de 12-13 ans.
Une occasion aussi d'en savoir un peu plus sur la société de l'époque, notamment sur la place qui y était faite aux femmes!

The agency : le pendentif de jade, par Y.S.Lee, ed. Nathan, 2010, 377p.

Isabelle P.

jeudi 19 août 2010

Mieux que Harry Potter !


Je partageais avec un ami mon enthousiasme à la lecture d'une biographie de Charles Lindbergh. "Ah, le pro-nazi", m'a-t-il répondu. J'en ai été peiné, car non, assurément, Charles Lindbergh n'a pas été pro-nazi, ni même fasciste. Une certaine presse américaine l'a qualifié comme tel pour avoir pris la tête du mouvement isolationniste qui désirait tenir les USA à l'écart de la guerre qui éclatait en Europe sans avoir en même affirmé publiquement sa condamnation du régime nazi (ni relaté les actions concrètes qu'il avait pourtant prises pour en contrer les excès portés à sa connaissance). Mais ne fallait-il pas aussi que le grand public puisse brûler en ces temps incertains celui qu'il avait tant adoré ? Qu'il fasse de son aigle solitaire "L'Ange noir" (c'est le titre de cette magistrale biographie écrite par Bernard Marck), pour le réhabiliter ensuite ?
Mais quel destin ! Quelle vie hallucinante, sous le regard incessant de la presse ! De la première traversée de l'Atlantique en solitaire, en 1927, à la défense acharnée et précurseuse de l'environnement à la fin de sa vie. Avec le drame : l'enlèvement et l'assassinat de son premier enfant. Avec le génie : l'invention d'appareils médicaux révolutionnaires et l'expertise incontestée dans le domaine de l'aviation. Avec des côtés sombres aussi : mari et père absent mais omnipotent, deuxième famille secrète en Allemagne... Une vie digne d'un récit de science-fiction mais bien réelle, à la lecture de laquelle on découvre une personnalité solitaire et déterminée qui avait tout simplement ses racines dans le ciel.

Lindbergh l'ange noir, par Bernard Marck, ed. L'Archipel, 2009, 970 p.

Frédéric B. (Lecteur)

dimanche 8 août 2010

La formule préférée du professeur


La narratrice, aide-ménagère, est engagée chez un homme, la soixantaine, d'aspect plutôt négligé. Il porte entre autres, épinglées sur son costume fatigué, une infinité de notes dont la plus importante :"ma mémoire ne dure que 80 minutes".
D' un accident de la route vingt ans plus tôt en effet, celui qui fut un professeur de mathématiques promis à un magnifique avenir de chercheur a gardé de lourdes séquelles.
Commence alors une étrange et très belle relation d'amitié entre l'aide-ménagère et le professeur, relation chaque jour réinventée puisque oubliée pendant la nuit. L'amitié du professeur s'étend bientôt au fils de l'aide-ménagère, qu'il surnomme Root (racine), en raison de sa tête plate qui rappelle le signe de la racine carrée.
Sous la conduite bienveillante du professeur, la mère et l'enfant s'initient à la beauté des mathématiques, à l'ordre et à la rigoureuse beauté des chiffres, qui permettent au professeur de tenir à distance le désordre du monde du dehors. Un monde qu'il va pourtant apprivoiser à tout petits pas, grâce à Root...
Un roman intimiste et délicat, dans le fond comme dans la forme, entièrement centré sur les relations entre ces trois êtres à priori si différents et sur l'enrichissement que ce partage apporte à chacun d'eux.
Une très belle ambiance à découvrir!

La formule préférée du professeur, par Yoko Ogawa, ed. Actes Sud (coll. Babel).

Isabelle P.

mardi 13 juillet 2010

Lire dans les parcs

Quelques photos valent mieux qu'un long discours... Voici, en images, un petit compte-rendu de notre grande première "Lire dans les parcs" dans le parc de Wolvendael. Si l'expérience vous tente, venez nous rejoindre sous le hêtre rouge, en face de la plaine de jeux, les mardis 13 juillet, 17 et 24 août de 15 à 17h.





lundi 12 juillet 2010

La jeune fille rebelle


... ou la vie mouvementée de Marguerite de Male, dernière comtesse de Flandre, qui par son mariage avec Philippe le Hardi fit entrer nos régions dans les états bourguignons.
Mais dans cette biographie romancée, nous n'en sommes pas encore là!
Marguerite est née, seul enfant vivant parmi plusieurs autres morts-nés, à la grande fureur de son père qui désespère d'avoir un héritier mâle. Délaissée par sa mère qui sombre dans la folie, ignorée par son père qui ne lui pardonne pas d'être une fille, Marguerite partage les jeux violents des garçons de son entourage, et ne pense qu'à échapper aux séances de broderie et d'apprentissage de la vie de noble dame.
Mais la réalité la rattrape : Marguerite est en âge de se marier, et son père lui a déjà choisi un époux : Edmond de Langley. Un choix auquel applaudissent les guildes de Bruges et de Gand qui vivent du commerce de la laine avec l'Angleterre.
Mais lorsque Marguerite découvre le sournois et pustuleux Edmond, elle n'a, elle, aucune raison de se réjouir...
Même si les auteurs de ce livre traduit du neerlandais avouent avoir pris quelques libertés avec la réalité historique, ce récit romancé donne vie à l'Histoire, et restitue de manière très documentée et imagée la vie quotidienne en Flandre au 14ème siècle. Bruits, odeurs, couleurs, poussière et sang comme si on y était!
Confrontée à un monde où tout est au pouvoir des hommes, Marguerite, frondeuse et insoumise est un personnage très touchant, fragile et dur à la fois, utilisant comme le lui a enseigné son maître d'armes, la ruse pour pallier à la force qui lui manque.
Un regret : pourquoi les éditions Mijade ont-elles choisi pour la couverture de ce récit le portrait de Ginevra de Benci par Leonard de Vinci, postérieur d'une bonne centaine d'années, et qui à ma connaissance n'a rien à voir avec Marguerite de Male?

La jeune fille rebelle, par Jean-Claude van Rijckeghem et Pat van Beirs, ed. Mijade, 2009, 283p.

Isabelle P.

mercredi 7 juillet 2010

Foot, foot et encore foot...


Dis, Madame, t'as des livres de foot? me demande un mini-supporter, les yeux pleins d'espoir. Hélas, si les documentaires sur le sujet sont légion, les albums sont bien moins nombreux, le foot semble inspirer nettement moins l'imaginaire des auteurs Jeunesse que les ogres, princesses, sorcières ou petits ours!
Le petit David est tout de même reparti heureux, avec les deux albums que voici :
C'est moi le champion!, ou les rêves très ambitieux d'un footballeur en herbe. "Quand je serai grand, je serai footballeur. Un footballeur très célèbre. On me reconnaîtra dans la rue..." Le décalage entre texte et image est particulièrement savoureux!
Un but magnifique, plus ancré dans la réalité, raconte, dans de belles illustrations à l'aquarelle, l'histoire d'un petit garçon qui a, lui, réalisé son rêve et marque sous les yeux de son père, le premier but de la finale de la Coupe du monde pour son équipe.
Personnellement, je ne suis pas très foot (nul n'est parfait :-)), mais si le ballon rond amène à la lecture le petit David et d'autres, alors je dis : vive la coupe du monde! :-)

C'est moi, le champion!, par Philip Waechter, ed. Milan, 2006.

Un but magnifique, par Michael Foreman, ed. Kaleidoscope, 2002.

Isabelle P.

mardi 22 juin 2010

Le collège des princesses


Dans le royaume de Dan, les habitants des monts Eskel vivent de l'exploitation des carrières de lindor, une pierre aux pouvoirs étonnants, et sont considérés par les habitants des Basses-Terres comme des rustres attardés.
Aussi est-ce avec stupéfaction que l'on apprend que les oracles du roi ont prédit que le prince, âgé de 18 ans, épouserait une fille des Monts Eskel.
Pour combler autant que faire se peut le fossé qui sépare le prince de ces sauvageonnes, le roi ordonne que toutes les filles de 12 à 17 ans soient rassemblées dans un collège afin d'y recevoir l'éducation qui convient.
Miri, une adolescente frêle et menue est parmi elles. Mais son apparente fragilité cache une détermination qui se révèlera à tous, y compris à elle-même...
Derrière ce titre un peu "nunuche" (c'est mon avis et il n'engage que moi :-)) et une couverture pas très attrayante (idem:-))se cache un roman passionnant, dont l'ambiance et le propos rappellent "l'élue" ou "le passeur" de Lois Lowry.
Un cadre fantastique intemporel, de l'aventure, un soupçon de magie, une héroïne attachante que l'expérience grandit... que du bonheur de lecture en perspective!

Le collège des princesses, par Shannon Hale, ed. Gallimard, 2009, 354 p.

Isabelle P.

mercredi 16 juin 2010

Mon carnet de haïkus


"Un haïku, qu'est-ce que c'est?
Un jeu de société? un art martial? un oiseau exotique?
Non, c'est un poème court qui en dit long, mine de rien. C'est ainsi que, depuis des siècles, les Japonais expriment leur bonheur, leur agacement, leur tristesse, leur étonnement, leur joie d'être au monde".
C'est à l'écriture de ces haïkus que l'auteur nous invite dans ce carnet. Et pour nous plonger dans l'ambiance de ces instantanés littéraires en trois lignes, Anne Tardy en a sélectionné un certain nombre, écrits par elle et illustrés avec beaucoup de délicatesse par Georges Lemoine.
Souvenirs de voyage ou d'émotions, moments tristes ou joyeux, petits riens qui fâchent ou font sourire...les occasions sont multiples, et l'exercice se pratique avec bonheur à tout âge!

Mon carnet de haïkus : 200 haïkus pour les moments de tous les jours, par Anne Tardy, ill. Georges Lemoine, ed. Gallimard, 2004.

Isabelle P.

lundi 14 juin 2010

Ténébreuses


Depuis le succès de "Millenium", la littérature policière nordique semble plus visible dans les rayons des librairies et bibliothèques, et ses auteurs mieux connus.
Karin Altvegen est une auteure suédoise, petite-nièce d'Astrid Lindgren d'ailleurs,mais le moins que l'on puisse dire à son propos est que ses personnages n'ont pas grand-chose à voir avec Fifi Brindacier ! "Ténébreuses" porte bien son titre : l'âme humaine est plus noire que noire, et l'auteur s'attache à nous le démontrer tant et plus. Les ressorts de cette noirceur? le pouvoir, la gloire, l'amour, encore et toujours.
Axel Ragnerfeldt, prix Nobel de littérature et actuellement réduit à l'état de légume par une attaque cérébrale, est au centre de la toile. Autour de lui gravitent sa femme Alice, écrivain elle aussi mais qui a sacrifié ses ambitions à celles du grand homme, avec les frustrations que l'on devine, son fils Jan-Erik qui vit à travers l'oeuvre de son père, Annika, sa fille, morte à 15 ans, fauchée par un chauffard...Et puis d'autres, qui ont aimé ou haï l'écrivain. La mort solitaire de Gerda Persson, domestique de la famille pendant de longues années va mettre au jour de manière tout à fait inopinée une série de secrets bien gardés...
"Tout avait commencé bien longtemps auparavant.Il ne leur restait plus qu'une heure avant que leur monde ne s'écroule à jamais". C'est bien là le propos et la force de l'intrigue de Karin Altvegen : démonter l'engrenage qui amène ses personnages d'un comportement X à la dévastation totale de leur existence.

Ténébreuses, par Karin Alvtegen, ed. Seuil (points policier), 2008, 348p.

Isabelle P.

samedi 29 mai 2010

Les Penderwick : l'été de quatre soeurs, de deux lapins et d'un garçon très intéressant


Elles sont quatre soeurs, comme le titre l'indique, Rosalind, Skye, Jeanne et Linotte, entre 4 et 13 ans. Leur mère est morte, leur père est un botaniste doux rêveur, qui préfère la compagnie des fleurs à celle des hommes et élève ses filles avec une grande tendresse.
Le roman se passe pendant les vacances des Penderwick, qui ont loué une dépendance d'un manoir, propriété de la terrible madame Tifton. Glaciale et revêche, celle-ci ne jure que par la discipline de fer que lui a inculquée le général son père et ne supporte ni les enfants ni les animaux. Son fils Lucas, 12 ans, est d'ailleurs promis à l'internat militaire, lui qui ne rêve que de musique.
La rencontre entre les deux familles fera des étincelles...
Délicieux, un brin rétro, plein d'optimisme, un livre à savourer pour son mélange d'humour et de fraîcheur, et ses quatre héroïnes plus attachantes les unes que les autres!

Les Penderwick, par Jeanne Birdsall, ed. Pocket jeunesse,2008,249p.

Isabelle P.

mercredi 26 mai 2010

De l'autre côté de l'île


Il y a bien longtemps, il y eut le Déluge, provoqué par la folie des hommes, et les guerres qui suivirent.
Alors la Mère Nourricière se leva, organisa la Grande Evacuation vers les dernières îles de la Mer tranquille et promit de créer un monde nouveau sur ces îles, où tous seraient protégés des éléments.
Sur l'île 365 en effet, tout est très bien organisé, pour le bien-être de tous.
Evidemment, la sécurité générée par ce "Nouveau climat" implique l'abandon par les habitants de la liberté et de la possibilité de choisir leur vie.
Mais après tout, "les mots ne sont que des mots, et sans abri, tous les autres mots n'ont plus aucun sens".
Honor, 13 ans, est pleinement d'accord avec tout cela : "Reste à ta place. Fais ton travail. Vis en paix. Telle est la loi de l'autodiscipline." Mais comment être intégré dans la société quand on a des parents réfractaires aux lois, qui bravent le pouvoir et prétendent que tout est mensonge?
Le thème d'un monde totalitaire mis en place à la faveur de la peur des hommes n'est pas neuf, bien sûr, mais ce qui m'a particulièrement plu dans ce roman, c'est le point de vue de l'héroïne. Contrairement à beaucoup d'autres récits d'anticipation-aventure, ce n'est pas l'adolescente qui va se rebeller et chercher à changer les choses, au contraire. Honor veut être une adolescente parfaite, fondue dans la masse, être comme les autres. Mais peut-on pour cela tout accepter sans plus aucun esprit critique? Un sujet de réflexion toujours salutaire!
Ce livre fait partie de la sélection 2011 du prix Adolisant organisé à l'initiatice des bibliothèques de Woluwé Saint Pierre.
Plus de renseignements? : www.adolisant.be

De l'autre côté de l'île, par Allegra Goodman, editions Thierry Magnier, 2010, 373p.

Isabelle P.

mercredi 19 mai 2010

« Auster revient invisible »


Un jeune étudiant désœuvré rencontre lors d’une soirée mondaine un énigmatique milliardaire qui, sans raison apparente, lui propose de fonder pour lui un magazine littéraire. L’étudiant ne se pose pas trop de questions et accepte.
Commence alors une étrange relation entre les deux hommes et la compagne du milliardaire. Tout devient très rapidement un jeu de séduction malsain entre ces trois personnages, jeu duquel le jeune inexpérimenté ne pourra plus s’échapper.

Jusque là, rien de vraiment dangereux entre adultes consentants, mais cette relation se transformera rapidement en un réel cauchemar pour le jeune homme. Il découvrira rapidement la vraie personnalité de son nouvel « ami » qui, en plus de posséder de mystérieux vices, a un réel talent pour se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Entre les deux hommes naîtra dès lors une haine glacée et sans limite qui les conduira tous deux à la défaite absolue.

Superbe roman de Paul Auster qui renoue enfin avec le mystère des relations humaines. Comme dans toutes les meilleures œuvres littéraires, le bien et le mal sont tous les deux mis à mal. A certains moments, on est trop fasciné par la personnalité étrange du milliardaire que pour pouvoir réellement le haïr pour ce qu’il a fait. A d’autres moments, on en veut un peu à cet étudiant qui tente maladroitement de rétablir la vérité sans vraiment oser se mouiller. Il n’y a ni bons ni méchants, juste une toile complexe de sentiments contradictoires élégamment tissée par un des plus grands écrivains américains.

Invisible, par Paul Auster, Actes Sud, 2010, 293 p.

Pierre C.

Mixité(s)


En découvrant le titre de ce recueil de nouvelles, on pense bien sûr tout de suite aux rapports garçons-filles, d'autant plus que le partenariat de l'éditeur avec le mouvement "Ni putes ni soumises" est clairement indiqué sur la couverture.
Les éditions Thierry Magnier s'étaient d'ailleurs déjà associées à ce mouvement pour proposer en 2003 le recueil "Des garçons et des filles" dans la même collection.
Mais il est bien d'autres mixités avec lesquelles notre société doit compter : religions, langues, habitudes culturelles...et les différences séparent aussi sûrement que des murs lorsqu'elles sont dénoncées ou revendiquées avec tambours et drapeaux.
Cela fait des histoires de frontières, de territoire, d'intolérance...
Et pourtant, comme le dit un personnage d'une des nouvelles (électricien, ce qui explique le choix de la comparaison :-)) "la mixité, c'est le plus et le moins qui, en se frottant l'un à l'autre, créent la lumière".
Nancy Huston, Baya Kasmi, Gaston Kelman, Véronique M. Le Normand, Marc Levy, Mathis, Gisèle Pineau, Marie-Sabine Roger et Leïla Sebbar : neuf imaginaires pour un ensemble où adultes et ados trouveront leur bonheur.


Mixité(s) : nouvelles, ed. Thierry Magnier, 2010, 139p.

Isabelle P.