mercredi 11 juin 2014

la sélection ado de mai, c'est ici!

  



 En mai, fais ce qu'il te plaît, dit le dicton... et donc nous avons lu, parce que nous aimons cela! :-)
Alors, le beau temps revenu, installez-vous confortablement pour la pause-lecture que nous vous proposons!
Bonne lecture!



20 pieds sous terre, par Charlotte Erlih, ed. Actes Sud junior, 2014, 205p.

Manon est effondrée : son frère Théo a été retrouvé mort, une nuit, électrocuté dans un tunnel du métro parisien, alors qu’il tagguait un wagon.
Au chagrin s’ajoute l’incompréhension et la stupeur : l’adolescente ignorait tout des activités nocturnes de son frère et  ne connaissait pas sa passion pour le tag .  De plus, elle ne croit pas à la thèse de l’accident.  Elle se lance alors dans une enquête solitaire et secrète autant que dangereuse…
Un très bon thriller, qui maintient le suspense jusqu’au bout.
Par l’auteur de « Basha Posh », premier roman qu’on a beaucoup aimé aussi (voir Ados Litt’ de février 2014)






Le prix à payer, par Vincent Faucheux, ed. Alice (Tertio), 2014, 271p.

Paul Tournier, comptable, célibataire, mène une petite vie sans histoires, dans laquelle il se sent un peu à l’étroit.  Or, d’une manière extra-ordinaire, le destin, en la personne de Fortunae, un personnage tout de blanc vêtu, va lui permettre de retourner dans son passé pour changer le cours de certains événements et par là-même de sa vie entière.  Mais bien sûr, ces choix entraînent d’autres modifications dans son existence, et « l’effet papillon » induit par Paul n’est pas sans danger.  Sa vie en sera-t-elle vraiment meilleure ?  Il y a en tout cas, comme en toutes choses, un prix à payer…




Les enfants du roi, par Sonya Hartnett, ed. Les grandes personnes, 2013, 286p.

1940. Cecily et Jeremy Lockwood se sont réfugiés avec leur mère au domaine de Heron Hall dans le Yorkshire, propriété de leur oncle Peregrine.  Une existence protégée, au regard de celle de centaines d’autres enfants évacués de Londres et placés dans des familles d’accueil.  Sur un caprice de Cecily, petite fille gâtée, la famille Lockwood accueille May Bright, 10 ans.  En explorant les environs, elle entraîne Cecily jusqu’aux ruines d’un château dont l’oncle Peregrine leur racontera la terrifiante légende. Un château où les deux filles vont faire une étrange rencontre, qui les fera basculer dans un monde ancien…
Fantastique et Histoire se mélangent dans ce très beau roman qui parle aussi de la guerre, du pouvoir, et de la force qu’il faut pour survivre à l’une et à l’autre.
L’auteur, Sonya Hartnett, est australienne, et a reçu en 2008 le prix Astrid Lindgren, ce qui équivaut, en littérature pour la jeunesse, au prix Nobel de littérature !

Sur le thème des enfants londoniens évacués à la campagne pour échapper aux bombardements pendant la deuxième guerre mondiale, on pourra lire aussi :

 La guerre de Fanny, de Nina Bawden, ed. Ecole des Loisirs (Neuf), 1991, 303p.

Fanny a 12 ans, et avec son petit frère Nick, est accueillie dans un petit village de la campagne anglaise, chez Samuel Evans l’épicier.  Accueillie est un bien grand mot car monsieur Evans est un homme au cœur sec, qui terrorise son entourage au nom de Dieu, à commencer par sa jeune sœur, aussi timide qu’une souris !
Leur ami Albert, lui, a été recueilli dans une maison au milieu des bois, chez Hepzibah Green, une femme maternelle et chaleureuse, que Samuel Evans semble détester.  Hepzibah croit aux pouvoirs de la nature et aux vieilles légendes…
Un très beau livre, basé sur les propres souvenirs de l'auteur. Ce roman est malheureusement épuisé pour le moment en librairie, mais que vous trouverez bien sûr dans votre bibliothèque favorite ! :-)



Cette fille est différente, par J.J.Johnson, ed. Alice (Tertio), 2014, 348p.

Cette fille, c’est Evie, 16 ans, qui découvre pour la première fois un lycée “normal”, pour sa dernière année de scolarité avant l’université.
Evie a fait toute sa scolarité à domicile, dans la maison écologique qu’elle a construite avec sa mère Martha.
Très vite, elle est heurtée par plein de choses qui paraissent normales aux autres élèves, les règlements souvent abusifs, la parole des professeurs plus importante que celle des élèves, les toilettes des élèves dégoûtantes….
Alors, même si rester dans le rang peut s’avérer plus confortable, même s’il est plus agréable de se perdre dans les yeux et les bras d’un petit ami merveilleux, Evie s’insurge et dit haut et fort ce qu’elle pense, s’élève contre l’injustice et conteste l’autorité.
Mais parfois, la révolution se retourne contre celui ou celle qui l’a initiée et lui botte les fesses, Evie l’apprendra à ses dépens! 
Un roman passionnant, qui amène le lecteur à se poser plein de questions sur l’école, son fonctionnement, mais aussi sur la démocratie, le fait de défendre ou non son opinion, et à quel prix… et puis aussi une belle histoire d’amour et d’amitié! :-)



Si vous aussi , vous avez envie de partager vos lectures, n'hésitez pas à nous envoyer vos critiques et coups de coeur, et nous les publierons sur ce blog avec plaisir!

Isabelle P.

lundi 5 mai 2014

Écrivaine publique

Solliciter un emploi, écrire une lettre, présenter un curriculum, entamer une démarche administrative...

Pour vous aider dans toutes ces opérations, une écrivaine publique vous aide gratuitement jusque fin juin, chaque lundi, de 15h à 18h dans les bibliothèques communales francophones d'Uccle.

Les 1er et 3e lundis à la Bibliothèque Uccle-Centre - 64, rue du Doyenné
Renseignements et rendez-vous au 02/348.65.29

Les 2e lundis à la Bibliothèque d'Uccle-Homborch - 30, avenue d'Homborchveld
Renseignements et rendez-vous au 02/374.19.25

Les 4e lundis au Phare - 935, chaussée de Waterloo
Renseignements et rendez-vous au 02/374.04.43

lundi 28 avril 2014





Voici donc, avec un nouveau logo, merci Julie! :-) notre sélection de ce mois d'avril parmi les livres que nous avons lus. Du réaliste, du fantastique, du grave, du léger, y en a pour tous les goûts, bon appétit! :-)

Silence, on irradie, par Christophe Léon, ed. Thierry Magnier, 2009, 111p.

 


Un village qui ressemble à tous les villages, quelque part à l’Est de l’Europe. Sauf qu’ici, grâce à la centrale nucléaire juste à côté, les habitants ont tous du travail.
Jusqu’au jour de “l’incident”, comme ils ont d’abord appelé l’explosion, à la télévision.
Une explosion qui s’avère être une catastrophe écologique majeure répandant mort et destruction à des kilomètres à la ronde…
Quelques survivants se cachent dans les décombres : il y a Sven, sa petite soeur Siloé, et puis Youri, un jeune médecin venu de la ville dans l’espoir insensé de retrouver celle qu’il aime…
On pense bien sûr à Tchernobyl en lisant cette histoire terriblement réaliste et tragique. Un roman qui interpelle et appelle le débat, face à des choix de société qui pèsent, positivement ou négativement sur l’avenir de tous.

Le passage du diable, par Anne Fine, ed. Ecole des loisirs (Medium), 2014, 306p.

Le centre de cette histoire, c’est une maison.  Une maison-manoir du 19ème siècle avec des pièces innombrables, des escaliers dérobés, des tourelles et des clochetons. Une maison qui, la nuit tombée, distille l’inquiétude, puis la peur, comme dans les romans gothiques, où l’horreur naît de l’inconnu.
Cette maison, le jeune Daniel Cunningham ne la connaît d’abord que par sa réduction, une magnifique maison de poupées, réplique de la maison d’enfance de sa mère. Daniel joue avec ces poupées des heures durant, la maladie grave qui le cloue au lit l’empêche de faire autre chose.  Sa maman le soigne avec dévouement, mais ils ne voient jamais personne, elle ne lui parle jamais de son enfance au manoir, ni des personnes représentées par ces poupées.
Un jour pourtant, le huis-clos étouffant explose. Daniel n’est en réalité pas malade, et le médecin qui l’a recueilli après la crise de folie de sa mère cherche à comprendre et à joindre d’autres membres de la famille.
Il s’avère que Daniel a un oncle, disposé à l’accueillir au manoir. Le  jeune garçon débarque donc dans la maison grandeur nature, en reconnaît tous les recoins.
Mais très vite l’oncle, ancien marin, révèle une personnalité troublante, tantôt miel tantôt vinaigre. Et pourquoi donc s’intéresse-t-il donc tant à la maison de poupées qu’il croit perdue, et dont Daniel lui a instinctivement caché qu’elle existe encore?...
Laissez-vous emporter par le charme vénéneux de ce roman, vous ne le regretterez pas!


Qui a mis des cheveux sur ma brosse à dents?, par Jerry Spinelli, ed. Ecole des loisirs (Medium), 2013, 276p.

Qui a dit que parce qu’on est frère et soeur, on doit nécessairement s’adorer?
Pas Greg et Megin en tout cas, qui se détestent cordialement.  Tous les coups sont permis, c’est la guerre totale! Les parents dépassés par les événements, le petit frère pris en otage par l’un ou l’autre dans la bataille n’en peuvent plus!
L’auteur donne la parole alternativement aux deux personnages, et chacun est bien sûr persuadé qu’il a raison et que l’autre n’est qu’un rat puant. Encore que…
Une très chouette histoire sur les rapports familiaux parfois explosifs, réaliste et drôle à la fois!




Western girl, par Anne Percin, ed. Du Rouergue (DoAdo), 2013, 200 p.

 
Elise a 16 ans, et se prépare à vivre un été de rêve.  Passionnée de cheval, de western et de musique country depuis qu’elle est haute comme trois pommes, elle part en stage dans un ranch du Dakota. 
Le paradis? Sauf que le groupe de stagiaires comprend quelques snobinards et quelques pestes, et qu’Elise se retrouve vite la tête de turc de certains…
Un roman entraînant et dépaysant, à la rencontre d’une région, d’une manière de vivre et d’une musique particulières… et en prime, une belle histoire d’amour! ;-)


Meilleur jeune espoir féminin, par Marie-Sophie Vermot, ed. Thierry Magnier, 2013, 121p.
Damienne, 15 ans ¾, passe ses vacances dans la villa basque des patrons de sa mère, employée de maison.
Face aux riches ados qu’elle croise sur la plage, elle se rêve une autre vie.  Elle devient donc Isild, parisienne bien sous tous rapports.  Le stratagème semble fonctionner, et Damienne-Isild ne tarde pas à trouver Nathan, l’un de ses nouveaux “amis” très à son goût.  Mais un mensonge en entraînant un autre, le secret de l’adolescente est de plus en plus lourd à porter…
S’accepter tel que l’on est sous le regard des autres… pas si facile!


Du même auteur, on pourra lire aussi Casting, paru en 2000, à l’Ecole des Loisirs, dans la collection Medium :

Le monde de la mode est tellement merveilleux!
C’est en tout cas ce que pense Bérénice, vraie peau de rousse et cheveux tirant sur l’orange, qui fait des pieds et des mains pour intégrer le casting de cette pub pour les jeans Machinchouette, avec 4 autres ados.
Mais lorsque le tournage commence, les personnalités se révèlent, et les affrontements ne tardent pas, entre celle qui “se la pète”, celui qui “s’y croit”, et le réalisateur à l’humeur imprévisible… Bérénice y apprendra beaucoup de choses sur les autres … et sur elle-même! 


Bonnes lectures et ... au mois prochain pour d'autres suggestions!

Isabelle P.



mardi 1 avril 2014

Ados Lit' : sélection de mars 2014





    Voici donc notre pêche du mois de mars, les livres que nous avons aimés et que nous avons envie de partager avec vous! A dévorer sans modération!


Totale angoisse, par Brigitte Aubert, ed. Thierry Magnier (Nouvelles), 2012, 185p.


L’auteur, qui a déjà signé plusieurs romans policiers, présente ici une dizaine de nouvelles à suspense.  L’angoisse est (presque) toujours au rendez-vous, les psychopathes, loups-garous et autres tueurs en série rôdent entre les pages, pour le plus grand frisson du lecteur!
Une réussite dans cette collection dirigée par Mikaël Ollivier, et qui compte déjà une quinzaine de volumes.





Le chant de la grande rivière, par Tom Moorhouse, ed. Helium (Fiction nature), 2013, 256p.

Le chant de la grande rivière rythme la vie des campagnols depuis aussi longtemps qu’ils s’en souviennent. Sur ses berges, ils construisent leurs terriers, trouvent leur nourriture, parfois leurs prédateurs aussi malheureusement, le renard, le héron, la belette…
Mais voilà qu’une rumeur enfle autour de Sinethis la grande rivière, celle d’un danger inconnu et terrifiant.  Alors, après la disparition de leur mère, Sylvan et ses trois frères et soeurs entreprennent un périlleux voyage vers un territoire plus accueillant…
L’auteur, zoologiste spécialiste de ces petits rongeurs réussit là un roman qui allie de très belles descriptions d’un biotope particulier à une vraie histoire, pleine de suspense et de péripéties! 
A ceux qui auront aimé cette histoire, on pourra aussi conseiller la trilogie de Kenneth Oppel, parue chez Bayard, dont les trois tomes, Silverwing, Sunwing et Firewing mettent en scène un peuple de chauve-souris. (à partir de 11 ans).



Ce que je n’aurais pas dû voir, par Christophe Miraucourt, ed. Rageot (Heure noire), 2013, 150 p.

Arthur est un lycéen pas tout à fait comme les autres puisqu’il a publié son premier roman policier à 15 ans! Un soir, alors qu’il travaille à une nouvelle histoire dans le petit grenier de sa maison, il est témoin par la fenêtre du meurtre d’une femme, étranglée par un inconnu.
Malheureusement, la police ne trouve pas trace du crime : la maison est abandonnée, aucune trace de lutte, et aucune disparition signalée dans les jours qui suivent. Mais Arthur veut faire toute la lumière sur cet assassinat. Le meurtrier serait-il un de ses voisins, dans ce petit hameau loin de tout?
Un roman policier bien mené, dans lequel le lecteur peut s’identifier au détective, et jouer le jeu avec lui! (à partir de 12 ans)

Il faisait chaud cet été-là, par Agnès de Lestrade, ed. Rouergue (Doado), 2013, 61p.

Blanche, la discrète, l’invisible comme elle se décrit elle-même, n’en revient pas que la lumineuse et pétillante Violette l’ait choisie comme amie, et qu’elle l’invite à partager ses vacances chez sa grand-mère, en Provence. Mais très vite, l’éblouissement de Blanche s’efface, et elle découvre à Violette un tout autre visage.  Au fil des jours, à la touffeur de l’été s’ajoute la tension entre les deux adolescentes…
Un court récit, plein d'émotion! (à partir de 13 ans)


Itawapa, par Xavier-Laurent Petit, ed. Ecole des loisirs, 2013, 196p.

2010, quelque part en Amerique du Sud.  Depuis plusieurs semaines, Talia n’a plus de nouvelles de sa mère, anthropologue engagée dans la lutte pour la sauvegarde des tribus amazoniennes. Partie pour une mission dans la forêt, elle semble s’être volatilisée.
Alors l’adolescente, son grand-père et un policier s’engagent eux aussi dans cette forêt si épaisse que la lumière n’atteint souvent jamais le sol, cette forêt dans laquelle l’homme blanc est un intrus qui coupe les arbres-ancêtres, pour toujours plus de profit.
Au bout du chemin, à Itawapa, il y aura pour Talia beaucoup de surprises…
La forêt est bien sûr au centre du roman, ce poumon vert de la planète, objet de tant de convoitises économiques. L’auteur nous y entraîne à la suite de Talia et de sa famille, nous en respirons   la chaleur humide et nous ressentons avec eux le respect que chacun devrait avoir pour cette nature exceptionnelle ! (à partir de 13 ans)

Isabelle P.


jeudi 13 mars 2014

Semaine de la langue française



Moments ludiques animés par la dream team de la boutique A Vos Souhaits.
Nous jouerons avec les mots, la communication et notre belle langue française!
Partagez, venez, invitez vos amis et famille!!!


Rendez-vous à la bibliothèque du centre : 
- Pour les adultes et les adolescents le vendredi 21 mars, de 19 à 21h, soirée jeux de société.
Pour les enfants et les parents, le samedi 22 mars de 14 à 15h et de 15 à 16h, jeux de société autour des mots. 
Plus d'infos au 02/348.65.29



lundi 3 mars 2014










Ados lit' : notre sélection de février 2014

Le mois de février ne comptant que 28 jours ... voilà déjà que nous sommes en retard de quelques jours pour vous présenter notre sélection! Pôôôô bien, comme dirait Titeuf:-) Promis, la prochaine sélection  paraîtra, comme on l'a dit, à la fin du mois.
Et en attendant, si cette sélection vous plaît, n'hésitez pas à la diffuser autour de vous!
                                         Bonnes lectures!


Bacha Posh, par Charlotte Erlich, ed. Actes Sud junior, 2013, 181p.

En Afghanistan, bacha posh veut dire « habillée comme un garçon ».  Et en effet, dans les familles qui n’ont que des filles, certaines peuvent être élevées comme des garçons.  Prestige de l’enfant mâle, accompagnement des femmes de la maison qui ne peuvent sortir seules, salaire supplémentaire… les raisons de cette coutume sont multiples.  La fille-garçon peut alors, contrairement à ses sœurs, faire des études, du sport, donner son opinion…
A la puberté pourtant, les choses doivent rentrer dans l’ordre, et le garçon redevenir une fille.  Adieu la liberté et le monde extérieur, bonjour la soumission à ceux que le Bacha posh considérait hier encore comme ses égaux.
Farrukh, capitaine de l’équipe d’aviron espère arriver aux jeux olympiques. L’espoir est au bout du chemin avec le don par une jeune Française d’un bateau performant. Mais ses premières règles sonnent le glas des espérances de Farrukh et la voilà du jour au lendemain devenue Farrukzad.  A sa place, sa petite sœur Amina endosse à son tour les habits de garçon. Il en faut plus cependant pour éteindre le goût de la liberté de la jeune fille …
Ce roman interpellant invite à s’interroger sur la situation des filles et des femmes de ces régions à travers une pratique qui à nos yeux de lecteurs européens semble d’une extrême violence psychologique. (à partir de 13 ans).

Azami le cœur en deux, par Marc Cantin, ed. Nathan, 2012, 213p.

Azami est une jeune Japonaise élevée de manière traditionnelle par sa grand-mère, son Obâsan un peu sorcière, à laquelle la lie une grande complicité.  Elles vivent loin du bruit des villes, au pied du mont Kaîdo.  Sa grand-mère lui apprend les valeurs traditionnelles, le respect dû aux Anciens, à la nature et aux génies qui l’habitent.
L’univers d’Azami va être bouleversé quand son père, un homme d’affaires qui vit à Tokyo, lui propose de l’accompagner 10 jours à Paris.  L’adolescente est ravie, d’autant qu’ils logeront dans une famille japonaise amie, dont la fille, Myo, a son âge.  Le choc culturel s’avère pourtant plus fort que prévu…
Un bon petit roman, qui présente de manière très juste ces différences culturelles et insiste sur la nécessité de découvrir l’autre sans à priori. (dès 11 ans)

La décision, par Isabelle Pandazopoulos, ed. Gallimard (scripto), 2013, 245p.

Quand le lecteur rencontre Louise, élève de terminale, elle est en train d’accoucher dans les toilettes du lycée, ne comprenant rien à ce qui lui arrive.  Elle ignorait qu’elle était enceinte, personne n’avait vu quoi que ce soit, et elle affirme, au risque d’être prise pour une folle, qu’elle n’a jamais couché avec qui que ce soit.  Louise est en état de choc, face à ce bébé bien vivant, qu’elle n’a ni désiré ni attendu. 
Le garder, le faire adopter ? Il faudra à la jeune fille du temps, du courage et de l’aide pour décider du sens qu’elle veut donner à sa vie et à celle de celui qu’elle a appelé Noé…

Le sujet est difficile, mais l’auteur le traite avec infiniment de délicatesse et de pudeur.
L’histoire est dite au rythme des confidences de différents protagonistes : Louise bien sûr, mais aussi ses parents, ses amis, les professionnels du centre maternel où elle a trouvé refuge. Chacun s’exprime, et l’on peut ainsi sans jugement comprendre le point de vue de tous.  Louise est un personnage auquel on s’attache et le livre refermé, on est heureux du chemin qu’elle a accompli, quelle que soit la décision que l’on aurait voulu qu’elle prenne.  (à partir de 15 ans)

Un jour j’irai chercher mon prince en skate, par Jo Witek, ed. Actes Sud junior, 2013, 126p.

Il était une fois Frédérique, 14 ans, une humaine du genre féminin.  Jeans troués, skateboard… , elle ne se reconnaît pas vraiment dans la troupe des filles pour qui maquillage, shopping et magazines sont la base de l’existence. Pourtant, elle aimerait bien elle aussi avoir une “vie sentimentale” et que les garçons, au lieu de lui taper dans le dos comme à un pote, cherchent à l’embrasser!
Un jour, mon prince viendra… Et si finalement, rester soi-même s’avérait être un puissant philtre d’amour?
Jo Witek nous donne ici un portrait très juste d’un personnage qui explore le sentiment amoureux, et se heurte aux codes qui régissent les relations entre adolescents. Frédérique, au cours du roman, va évoluer aussi grâce à des secrets de famille révélés, et à la découverte de sa marraine, dont on lui avait toujours caché l’existence…
Le message de l’auteure ? Le respect de soi-même est primordial, respect de ses idées, de sa personnalité, de ses limites… et pour le reste, “la chance est forcément avec vous, puisqu’elle dépend de vous!”(à partir de 12 ans)

Hate list, par Jennifer Brown, ed. Albin Michel (Wiz), 2012, 391p.

« C’est moi qui ai eu l’idée de la liste.  Je n’ai jamais voulu que quelqu’un meure.  Est-ce qu’un jour on me pardonnera ? »  C’est ce que Valérie se répète en boucle sur son lit d’hôpital, après la tuerie au cours de laquelle Nick, son petit ami a tué plusieurs personnes, l’a blessée, elle, quand elle a voulu s’interposer, et a fini par se suicider.
Nick et Valérie : deux adolescents catalogués « losers » dans leur lycée et comme tels en proie aux moqueries et brimades de certains ; deux adolescents aux situations familiales difficiles, beaux-pères changeant sans cesse pour l’un, parents au bord de la rupture pour l’autre.
Elle est née comme cela, cette « liste de la haine » , comme une manière d’évacuer toutes les humiliations, toutes les frustrations, toutes les souffrances… sauf que pour Valérie, dresser une liste des gens et des choses à rayer de la terre est toujours restée un jeu, tandis que pour Nick…
Et maintenant, Valérie est seule à affronter le regard des autres, de sa famille, d’elle-même…
Entre flash-backs et présent, l’auteure raconte l’histoire du point de vue de Valérie. L’adolescente revient sur sa relation avec Nick et avec les autres, raconte aussi ce qu’elle vit alors que quelques mois plus tard elle réintègre le lycée.
Sans manichéisme, les questions essentielles sont posées, le point de vue des uns et des autres est pris en compte, les caractères se dessinent dans toute leur complexité et donnent au roman une grande densité, loin de « l’américanisme » que l’habillage du livre pouvait laisser craindre.
(à partir de 13 ans)
Dans le même ordre d'idées, , on pourra lire aussi , paru il y a quelques années :

Après, par Francine Prose, ed. Seuil/Métailié, 2004, 235p.

Tom mène une vie sans histoires dans son lycée américain.  Jusqu’à ce que, à quelques kilomètres de là, éclate une fusillade meurtrière dans un autre lycée.
Après, plus rien ne sera comme avant. Pour la sécurité des élèves, la direction du lycée de Tom fait appel à un spécialiste des situations de crise. Contrôle, fouille, surveillance… une sorte de psychose sécuritaire s’installe….
Un roman passionnant et une réflexion intéressante sur la défense des libertés essentielles. (12-14)
A noter que la bibliothèque possède 30 exemplaires de ce livre, pour les lectures scolaires.

La double vie de Cassiel Roadnight, par Jenny Valentine, ed. Ecole des loisirs (Medium), 2013, 276p.

Chap n’a pas cherché à se faire passer pour Cassiel Roadnight, il a bien dit aux assistants sociaux qu’il n’était personne et n’avait pas de nom… Mais quand on lui a montré la photo de ce Cassiel, disparu depuis deux ans et qui semble être son double, il n’a pas résisté. Quand on vous offre une famille sur un plateau d’argent, comment dire non ?
Et Chap devient Cassiel, avec une mère, un frère et une sœur aînée qui semblent fous de joie de l’avoir retrouvé. Mais prendre la place d’un autre, c’est comme marcher sur un fil : le moindre faux-pas, la moindre parole malheureuse pourrait le renvoyer d’où il vient. D’autant qu’au fil des jours et des rencontres, l’adolescent se rend compte que si Cassiel a disparu, ce n’est peut-être pas de son plein gré. Et que lui, le faux Cassiel, pourrait bien être en danger lui aussi…
Après « la fourmilière », sélection 2013 du prix Farniente, voici donc un nouveau roman de Jenny Valentine, qui parle lui aussi de solitude, de résilience, de solidarité entre gens un peu cassés par la vie, de secrets de famille…
Les événements antérieurs sont distillés petit à petit, maintenant un suspense qui donne à ce roman une dimension « thriller » tout à fait addictive ! (13-14 ans)

Isabelle P.