mardi 1 avril 2014

Ados Lit' : sélection de mars 2014





    Voici donc notre pêche du mois de mars, les livres que nous avons aimés et que nous avons envie de partager avec vous! A dévorer sans modération!


Totale angoisse, par Brigitte Aubert, ed. Thierry Magnier (Nouvelles), 2012, 185p.


L’auteur, qui a déjà signé plusieurs romans policiers, présente ici une dizaine de nouvelles à suspense.  L’angoisse est (presque) toujours au rendez-vous, les psychopathes, loups-garous et autres tueurs en série rôdent entre les pages, pour le plus grand frisson du lecteur!
Une réussite dans cette collection dirigée par Mikaël Ollivier, et qui compte déjà une quinzaine de volumes.





Le chant de la grande rivière, par Tom Moorhouse, ed. Helium (Fiction nature), 2013, 256p.

Le chant de la grande rivière rythme la vie des campagnols depuis aussi longtemps qu’ils s’en souviennent. Sur ses berges, ils construisent leurs terriers, trouvent leur nourriture, parfois leurs prédateurs aussi malheureusement, le renard, le héron, la belette…
Mais voilà qu’une rumeur enfle autour de Sinethis la grande rivière, celle d’un danger inconnu et terrifiant.  Alors, après la disparition de leur mère, Sylvan et ses trois frères et soeurs entreprennent un périlleux voyage vers un territoire plus accueillant…
L’auteur, zoologiste spécialiste de ces petits rongeurs réussit là un roman qui allie de très belles descriptions d’un biotope particulier à une vraie histoire, pleine de suspense et de péripéties! 
A ceux qui auront aimé cette histoire, on pourra aussi conseiller la trilogie de Kenneth Oppel, parue chez Bayard, dont les trois tomes, Silverwing, Sunwing et Firewing mettent en scène un peuple de chauve-souris. (à partir de 11 ans).



Ce que je n’aurais pas dû voir, par Christophe Miraucourt, ed. Rageot (Heure noire), 2013, 150 p.

Arthur est un lycéen pas tout à fait comme les autres puisqu’il a publié son premier roman policier à 15 ans! Un soir, alors qu’il travaille à une nouvelle histoire dans le petit grenier de sa maison, il est témoin par la fenêtre du meurtre d’une femme, étranglée par un inconnu.
Malheureusement, la police ne trouve pas trace du crime : la maison est abandonnée, aucune trace de lutte, et aucune disparition signalée dans les jours qui suivent. Mais Arthur veut faire toute la lumière sur cet assassinat. Le meurtrier serait-il un de ses voisins, dans ce petit hameau loin de tout?
Un roman policier bien mené, dans lequel le lecteur peut s’identifier au détective, et jouer le jeu avec lui! (à partir de 12 ans)

Il faisait chaud cet été-là, par Agnès de Lestrade, ed. Rouergue (Doado), 2013, 61p.

Blanche, la discrète, l’invisible comme elle se décrit elle-même, n’en revient pas que la lumineuse et pétillante Violette l’ait choisie comme amie, et qu’elle l’invite à partager ses vacances chez sa grand-mère, en Provence. Mais très vite, l’éblouissement de Blanche s’efface, et elle découvre à Violette un tout autre visage.  Au fil des jours, à la touffeur de l’été s’ajoute la tension entre les deux adolescentes…
Un court récit, plein d'émotion! (à partir de 13 ans)


Itawapa, par Xavier-Laurent Petit, ed. Ecole des loisirs, 2013, 196p.

2010, quelque part en Amerique du Sud.  Depuis plusieurs semaines, Talia n’a plus de nouvelles de sa mère, anthropologue engagée dans la lutte pour la sauvegarde des tribus amazoniennes. Partie pour une mission dans la forêt, elle semble s’être volatilisée.
Alors l’adolescente, son grand-père et un policier s’engagent eux aussi dans cette forêt si épaisse que la lumière n’atteint souvent jamais le sol, cette forêt dans laquelle l’homme blanc est un intrus qui coupe les arbres-ancêtres, pour toujours plus de profit.
Au bout du chemin, à Itawapa, il y aura pour Talia beaucoup de surprises…
La forêt est bien sûr au centre du roman, ce poumon vert de la planète, objet de tant de convoitises économiques. L’auteur nous y entraîne à la suite de Talia et de sa famille, nous en respirons   la chaleur humide et nous ressentons avec eux le respect que chacun devrait avoir pour cette nature exceptionnelle ! (à partir de 13 ans)

Isabelle P.


jeudi 13 mars 2014

Semaine de la langue française



Moments ludiques animés par la dream team de la boutique A Vos Souhaits.
Nous jouerons avec les mots, la communication et notre belle langue française!
Partagez, venez, invitez vos amis et famille!!!


Rendez-vous à la bibliothèque du centre : 
- Pour les adultes et les adolescents le vendredi 21 mars, de 19 à 21h, soirée jeux de société.
Pour les enfants et les parents, le samedi 22 mars de 14 à 15h et de 15 à 16h, jeux de société autour des mots. 
Plus d'infos au 02/348.65.29



lundi 3 mars 2014










Ados lit' : notre sélection de février 2014

Le mois de février ne comptant que 28 jours ... voilà déjà que nous sommes en retard de quelques jours pour vous présenter notre sélection! Pôôôô bien, comme dirait Titeuf:-) Promis, la prochaine sélection  paraîtra, comme on l'a dit, à la fin du mois.
Et en attendant, si cette sélection vous plaît, n'hésitez pas à la diffuser autour de vous!
                                         Bonnes lectures!


Bacha Posh, par Charlotte Erlich, ed. Actes Sud junior, 2013, 181p.

En Afghanistan, bacha posh veut dire « habillée comme un garçon ».  Et en effet, dans les familles qui n’ont que des filles, certaines peuvent être élevées comme des garçons.  Prestige de l’enfant mâle, accompagnement des femmes de la maison qui ne peuvent sortir seules, salaire supplémentaire… les raisons de cette coutume sont multiples.  La fille-garçon peut alors, contrairement à ses sœurs, faire des études, du sport, donner son opinion…
A la puberté pourtant, les choses doivent rentrer dans l’ordre, et le garçon redevenir une fille.  Adieu la liberté et le monde extérieur, bonjour la soumission à ceux que le Bacha posh considérait hier encore comme ses égaux.
Farrukh, capitaine de l’équipe d’aviron espère arriver aux jeux olympiques. L’espoir est au bout du chemin avec le don par une jeune Française d’un bateau performant. Mais ses premières règles sonnent le glas des espérances de Farrukh et la voilà du jour au lendemain devenue Farrukzad.  A sa place, sa petite sœur Amina endosse à son tour les habits de garçon. Il en faut plus cependant pour éteindre le goût de la liberté de la jeune fille …
Ce roman interpellant invite à s’interroger sur la situation des filles et des femmes de ces régions à travers une pratique qui à nos yeux de lecteurs européens semble d’une extrême violence psychologique. (à partir de 13 ans).

Azami le cœur en deux, par Marc Cantin, ed. Nathan, 2012, 213p.

Azami est une jeune Japonaise élevée de manière traditionnelle par sa grand-mère, son Obâsan un peu sorcière, à laquelle la lie une grande complicité.  Elles vivent loin du bruit des villes, au pied du mont Kaîdo.  Sa grand-mère lui apprend les valeurs traditionnelles, le respect dû aux Anciens, à la nature et aux génies qui l’habitent.
L’univers d’Azami va être bouleversé quand son père, un homme d’affaires qui vit à Tokyo, lui propose de l’accompagner 10 jours à Paris.  L’adolescente est ravie, d’autant qu’ils logeront dans une famille japonaise amie, dont la fille, Myo, a son âge.  Le choc culturel s’avère pourtant plus fort que prévu…
Un bon petit roman, qui présente de manière très juste ces différences culturelles et insiste sur la nécessité de découvrir l’autre sans à priori. (dès 11 ans)

La décision, par Isabelle Pandazopoulos, ed. Gallimard (scripto), 2013, 245p.

Quand le lecteur rencontre Louise, élève de terminale, elle est en train d’accoucher dans les toilettes du lycée, ne comprenant rien à ce qui lui arrive.  Elle ignorait qu’elle était enceinte, personne n’avait vu quoi que ce soit, et elle affirme, au risque d’être prise pour une folle, qu’elle n’a jamais couché avec qui que ce soit.  Louise est en état de choc, face à ce bébé bien vivant, qu’elle n’a ni désiré ni attendu. 
Le garder, le faire adopter ? Il faudra à la jeune fille du temps, du courage et de l’aide pour décider du sens qu’elle veut donner à sa vie et à celle de celui qu’elle a appelé Noé…

Le sujet est difficile, mais l’auteur le traite avec infiniment de délicatesse et de pudeur.
L’histoire est dite au rythme des confidences de différents protagonistes : Louise bien sûr, mais aussi ses parents, ses amis, les professionnels du centre maternel où elle a trouvé refuge. Chacun s’exprime, et l’on peut ainsi sans jugement comprendre le point de vue de tous.  Louise est un personnage auquel on s’attache et le livre refermé, on est heureux du chemin qu’elle a accompli, quelle que soit la décision que l’on aurait voulu qu’elle prenne.  (à partir de 15 ans)

Un jour j’irai chercher mon prince en skate, par Jo Witek, ed. Actes Sud junior, 2013, 126p.

Il était une fois Frédérique, 14 ans, une humaine du genre féminin.  Jeans troués, skateboard… , elle ne se reconnaît pas vraiment dans la troupe des filles pour qui maquillage, shopping et magazines sont la base de l’existence. Pourtant, elle aimerait bien elle aussi avoir une “vie sentimentale” et que les garçons, au lieu de lui taper dans le dos comme à un pote, cherchent à l’embrasser!
Un jour, mon prince viendra… Et si finalement, rester soi-même s’avérait être un puissant philtre d’amour?
Jo Witek nous donne ici un portrait très juste d’un personnage qui explore le sentiment amoureux, et se heurte aux codes qui régissent les relations entre adolescents. Frédérique, au cours du roman, va évoluer aussi grâce à des secrets de famille révélés, et à la découverte de sa marraine, dont on lui avait toujours caché l’existence…
Le message de l’auteure ? Le respect de soi-même est primordial, respect de ses idées, de sa personnalité, de ses limites… et pour le reste, “la chance est forcément avec vous, puisqu’elle dépend de vous!”(à partir de 12 ans)

Hate list, par Jennifer Brown, ed. Albin Michel (Wiz), 2012, 391p.

« C’est moi qui ai eu l’idée de la liste.  Je n’ai jamais voulu que quelqu’un meure.  Est-ce qu’un jour on me pardonnera ? »  C’est ce que Valérie se répète en boucle sur son lit d’hôpital, après la tuerie au cours de laquelle Nick, son petit ami a tué plusieurs personnes, l’a blessée, elle, quand elle a voulu s’interposer, et a fini par se suicider.
Nick et Valérie : deux adolescents catalogués « losers » dans leur lycée et comme tels en proie aux moqueries et brimades de certains ; deux adolescents aux situations familiales difficiles, beaux-pères changeant sans cesse pour l’un, parents au bord de la rupture pour l’autre.
Elle est née comme cela, cette « liste de la haine » , comme une manière d’évacuer toutes les humiliations, toutes les frustrations, toutes les souffrances… sauf que pour Valérie, dresser une liste des gens et des choses à rayer de la terre est toujours restée un jeu, tandis que pour Nick…
Et maintenant, Valérie est seule à affronter le regard des autres, de sa famille, d’elle-même…
Entre flash-backs et présent, l’auteure raconte l’histoire du point de vue de Valérie. L’adolescente revient sur sa relation avec Nick et avec les autres, raconte aussi ce qu’elle vit alors que quelques mois plus tard elle réintègre le lycée.
Sans manichéisme, les questions essentielles sont posées, le point de vue des uns et des autres est pris en compte, les caractères se dessinent dans toute leur complexité et donnent au roman une grande densité, loin de « l’américanisme » que l’habillage du livre pouvait laisser craindre.
(à partir de 13 ans)
Dans le même ordre d'idées, , on pourra lire aussi , paru il y a quelques années :

Après, par Francine Prose, ed. Seuil/Métailié, 2004, 235p.

Tom mène une vie sans histoires dans son lycée américain.  Jusqu’à ce que, à quelques kilomètres de là, éclate une fusillade meurtrière dans un autre lycée.
Après, plus rien ne sera comme avant. Pour la sécurité des élèves, la direction du lycée de Tom fait appel à un spécialiste des situations de crise. Contrôle, fouille, surveillance… une sorte de psychose sécuritaire s’installe….
Un roman passionnant et une réflexion intéressante sur la défense des libertés essentielles. (12-14)
A noter que la bibliothèque possède 30 exemplaires de ce livre, pour les lectures scolaires.

La double vie de Cassiel Roadnight, par Jenny Valentine, ed. Ecole des loisirs (Medium), 2013, 276p.

Chap n’a pas cherché à se faire passer pour Cassiel Roadnight, il a bien dit aux assistants sociaux qu’il n’était personne et n’avait pas de nom… Mais quand on lui a montré la photo de ce Cassiel, disparu depuis deux ans et qui semble être son double, il n’a pas résisté. Quand on vous offre une famille sur un plateau d’argent, comment dire non ?
Et Chap devient Cassiel, avec une mère, un frère et une sœur aînée qui semblent fous de joie de l’avoir retrouvé. Mais prendre la place d’un autre, c’est comme marcher sur un fil : le moindre faux-pas, la moindre parole malheureuse pourrait le renvoyer d’où il vient. D’autant qu’au fil des jours et des rencontres, l’adolescent se rend compte que si Cassiel a disparu, ce n’est peut-être pas de son plein gré. Et que lui, le faux Cassiel, pourrait bien être en danger lui aussi…
Après « la fourmilière », sélection 2013 du prix Farniente, voici donc un nouveau roman de Jenny Valentine, qui parle lui aussi de solitude, de résilience, de solidarité entre gens un peu cassés par la vie, de secrets de famille…
Les événements antérieurs sont distillés petit à petit, maintenant un suspense qui donne à ce roman une dimension « thriller » tout à fait addictive ! (13-14 ans)

Isabelle P.











vendredi 24 janvier 2014

Nouvelle rubrique : Ados lit' !




On connaissait la chick lit', ou littérature "pour poulettes" et la bit lit', ou littérature "mordante", où abondent les vampires, voici donc notre rubrique Ados lit', ou sélection mensuelle des livres pour ados que nos bibliothécaires ont lus et aimés.
Des nouveautés, des titres en rapport avec l'actualité, des "classiques" qui méritent d'être dépoussiérés... Un peu de tout chaque mois!



En attendant New-York, par Mitali Perkins, ed. Thierry Magnier, 2010, 293p.

Nous sommes en Inde, dans les années 1970.  La crise économique oblige le père d’Asha, 16 ans, à partir chercher du travail à New-York.  En attendant de le rejoindre, sa femme et ses deux filles, Reet et Asha iront vivre à Calcutta, dans sa famille.
Très vite, Asha se sent enfermée dans cette maison où l’on vit de manière très traditionnelle , elle a qui un père aimant laissait presqu’autant de liberté qu’à un fils.
Le rêve de New-York s’effondre lorsqu’on apprend la mort accidentelle du père.
La famille ne peut continuer à nourrir trois bouches supplémentaires.  Il faut donc marier Reet, la soeur aînée au plus vite.  Mais les prétendants sont tous inacceptables aux yeux d’Asha la rebelle, qui a promis à son père de veiller sur sa soeur, et entend respecter cette promesse, dût-elle faire le sacrifice de son propre bonheur…
Un roman passionnant et émouvant qui décrit fort justement la condition de la femme en Inde, et l’affrontement entre une tradition séculaire et oppressante, et une modernité qui cherche ses marques. (à partir de 14 ans)

Sako, par Martine Pouchain, Oskar editeur, 2011, 119p.

La couverture du roman, très évocatrice, présente les deux personnages de cette histoire.
Sako et sa maman ont débarqué dans des conditions difficiles du Mali, et depuis leur arrivée en France, leur situation reste très précaire.  La petite fille s’étonne : ici, il faut des papiers pour travailler, mais pour avoir des papiers, il faut travailler.  Alors, comment ils font, les gens?  Leur dernier abri : une caravane sans chauffage dans un camping désaffecté.
De l’autre côté du grillage, il y a la maison de la vieille Mado, dont la famille se préoccupe peu. Sa rencontre avec Sako va changer sa vie, elle s’attache à cette petite fille, à sa maman, et reconstruit ainsi la famille qu’elle a perdue.
Un roman facile à lire, mais plein de choses intéressantes sur lesquelles s’interroger et débattre.  Pas de grands discours, mais la volonté de l’auteur de montrer que chacun peut oeuvrer à son niveau pour que change une situation inhumaine. (à partir de 10-11 ans)

Velvet, par Mary Hooper, ed. Les Grandes Personnes, 2012, 324p.

Après “la messagère de l’au-delà” et “Waterloo Necropolis”, deux romans historiques captivants autant que bien documentés, l’auteur entraîne cette fois les lecteurs à l’époque victorienne, dans un Londres qui se passionne pour le spiritisme.
Velvet est orpheline et survit tant bien que mal en travaillant comme une esclave dans une blanchisserie.  Une chance incroyable la fait entrer au service de Madame Savoya, l’une des médiums les plus en vogue de la ville. D’abord subjuguée, elle découvre peu à peu les coulisses de ce qui pour certains est communication avec les esprits et pour d’autres, moins crédules, spectacle confinant à l’escroquerie. Faire parler les esprits peut en effet s’avérer fort rentable!...
Une belle reconstitution historique pour une aventure qui se lit avec beaucoup de plaisir! (à partir de 12-13 ans)

Double jeu, par Jean-Philippe Blondel, ed. Actes Sud junior, 2013, 135p.
 
“Changer. C’est ce qu’ils veulent tous.  Il faut que j’arrête de poser des problèmes aux adultes.  Que je cesse d’être dans leur ligne de vision, de mire, de tir.  Que je bouge de là.  C’est ce que je voudrais, oui.  A l’intérieur, je bous.  J’aimerais être loin.  Loin, genre à l’autre bout du monde.  Me réinventer une existence avec un début moins pourri.”…
Quentin a quitté son lycée de banlieue où son comportement posait problème, pour un établissement plus huppé, une décision censée lui permettre un nouveau départ.
Sauf que cette chance, l’adolescent révolté n’a aucune envie de la saisir.
Jusqu’à sa rencontre avec le theatre, et “la menagerie de verre” de Tennessee Williams dont le personage qu’on lui propose de jouer semble porter les mêmes peurs, les mêmes envies, les mêmes rebellions…
Comme le slam dans “Brise glace” ou la musique dans “Re-play”, de precedents romans de Jean-Philippe Blondel, le theatre est ici un vecteur de découverte de soi pour le héros, lui permettant de se comprendre et de comprendre les autres.
On sent chez l’auteur, enseignant par ailleurs, une grande tendresse pour son personnage, qu’il rend proche du lecteur.  Une belle rencontre! (à partir de 14 ans)

Souvenirs de ma nouvelle vie, par Marie Colot, ed. Alice (Deuzio), 2013, 155p.

Depuis ce qu’elle appelle “le pire des pires jours”, la vie de Charlie, 12 ans, est toute chiffonnée. Avec son père et sa mère, elle a quitté une belle maison pour un appartement tout en grisaille au rez-de-chaussée du plus grand immeuble de Bruxelles.
Alors, pour tromper l’ennui et la tristesse (dont la cause sera dévoilée peu à peu), Charlie décide d’explorer l’immeuble, de faire connaissance avec ses habitants, et de faire une photo de la vue que l’on a de chaque logement. Les rencontres sont diverses et variées, la plus extraordinaire étant celle de Madame Olga Slavinskaya, qui se prétend descendante d’une princesse russe et écrit des romans à l’eau de rose…
Un roman émouvant et drôle à la fois, qui sans pathos parle de choses graves et tristes.
“Et si, finalement, les pires malheurs pouvaient rendre heureux?”
Marie Colot est belge, professeure de français dans une Haute Ecole, et a déjà publié un autre roman , “En toutes lettres” chez Alice editions.
Petit défi : grâce aux indices donnés par l’auteure, pourrez-vous retrouver l’endroit précis de l’action de ce roman? J (à partir de 11-12 ans)


Le fil à recoudre les âmes, par J.J.Greif,  Ecole des loisirs (medium), 231p.
 
1942, en Californie.  Après l’attaque de Pearl Harbour, le gouvernement et la population semblent pris d’hystérie à l’égard des ressortissants japonais installés parfois depuis plusieurs générations, et dont les enfants, comme Kenichiro, un des personnages principaux de cette histoire sont d’ailleurs américains.  Lui et bien d’autres deviennent subitement des américains inférieurs, ces orientaux sournois ne pouvant être que des espions à la solde de l’ennemi, vieillards et bébés inclus.
Spoliées de leurs biens, ces familles seront regroupées dans de véritables camps de concentration.  Celui où atterrira Kenichiro et sa famille sera situé en plein désert d’Arizona.  Climat, conditions sanitaires, désespoir… les morts seront nombreux dans ces camps que l’Amérique mettra plus de 50 ans à reconnaître comme tels, en acceptant de dédommager ces soi-disant espions dont le seul tort était d’avoir les yeux bridés.
Kenichiro raconte son histoire à travers ses lettres à Mrs Moore, son ancienne institutrice.
Plus tard, il sera avec sa famille échangé par le gouvernement américain contre des soldats prisonniers des Japonais.  Au Japon, dans un pays qu’il ne connaît pas, et dont il se sent tout à fait étranger, il fait la connaissance de Yuriko, une adolescente sensible et poète.  Ils sont à quelques kilomètres d’Hiroshima…
Un livre bouleversant et passionnant, un récit historique solidement documenté, basé sur de nombreux témoignages recueillis par l’auteur.
La première partie, racontée par Kenichiro est éclairée par l’humour pince-sans-rire du narrateur.
La deuxième partie, vécue par Yuriko, la tragédie d’Hiroshima décrite heure par heure, ses conséquences terribles pour les survivants est particulièrement poignante. (à partir de 14 ans) 

Isabelle P.


mardi 7 janvier 2014

Europalia Inde : derniers jours...



Il est encore temps de venir à la bibliothèque découvrir, si ce n'est déjà fait, la très riche bibliographie établie par les bibliothèques de la région bruxelloise au sujet de la littérature indienne, mais ne tardez pas, les livres exposés vont bientôt retrouver leur place habituelle dans les rayons!

Et si la bibliographie vous semble trop touffue, voici pour vous quelques uns de nos coups de coeur!




Compartiment pour dames, par Anita Nair, ed. Piquier (poche)

Un train en Inde, qui s’en va vers le Sud.
A l’intérieur, un compartiment réservé aux femmes.  Dans ce wagon, six femmes rassemblées là par le hasard.  Au centre de ce huis-clos, Akhila, 45 ans.
Elle s’est trouvée brutalement responsable de sa famille à la mort de son père et ne s’est jamais mariée.   25 ans plus tard, elle se retourne sur sa vie et n’y voit qu’oubli de soi-même et enfermement . Elle a entrepris ce voyage sur une impulsion, une urgence : celle de ne pas passer à côté du reste de sa vie.
L’intimité forcée pousse aux confidences, et chaque passagère va livrer un peu d’elle-même à Akhila, mettant ainsi au cœur de ce roman choral le problème majeur de la femme indienne, quels que soient son âge et sa caste : sa dépendance à l’homme, père, mari ou fils, et la menace que constitue pour l’ordre social et familial une femme célibataire et autonome.
A l’arrivée, Akhila devra faire un choix : continuer à vivre par procuration, dans les différents « compartiments pour dames » où les hommes lui permettront d’être, ou…
De beaux portraits de femmes qui vivent et qui vibrent, sous la plume d’Anita Nair, auteure native du Kerala, dans le sud de l’Inde.


La fille secrète, par Shilpi Somaya Gowda.- Gallimard, 2013.- (Folio).

Un récit poignant, qui plonge dans le drame des filles nées dans des familles paysannes indiennes pauvres, et dont on se débarrasse, au pire par l’infanticide, au mieux dans un orphelinat.
Asha a eu de la chance, et 20 ans après son adoption aux Etats-Unis, cherche à renouer avec ses origines…

La chambre des parfums, par  Inderjit Badhwar., Le livre de poche, 2006.

Veillant son père mourant, le narrateur revoit sa jeunesse dans cette province du Nord de l’Inde.  Emigré aux Etats-Unis, il s’interroge sur son identité écartelée entre ses racines indiennes incarnées par son père, le « shikari » vénéré, et le bouillonnement de sa culture  d’adoption.  Un roman en grande partie autobiographique, Prix du premier roman étranger en 2004.

L’émeute, par Shashi, Tharoor.- Seuil, 2004.- (Points).

1989 : une jeune Américaine, bénévole dans une ONG au Nord de l’Inde est poignardée au cours d’un affrontement entre Hindous et Musulmans. Était-elle au mauvais endroit au mauvais moment ? Son assassinat a-t-il une autre cause ? Témoins et protagonistes racontent la genèse du drame dans un roman choral qui donne à voir les complexités indiennes héritées du passé et  les dérives identitaires qui en découlent.

Le vendeur de saris , par Rupa, Bajwa.- J’ai lu, 2007.

Ramchand, le jeune vendeur de saris, aspire à une vie meilleure mais se heurte à la cruauté des inégalités sociales et culturelles de la société.  Riches et pauvres y vivent aux antipodes les uns des autres, et l’oublier expose à toutes sortes de déboires…
Entre comédie et tragédie, un portrait plein de sensibilité du quotidien indien.


Bonnes lectures!

Isa P.