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lundi 27 novembre 2017

Exposition au Doyenné-Maison des Arts !





Comme chaque année, la bibliothèque du Centre vous invite à découvrir un(e) auteur(e)
d'albums de littérature de jeunesse.
Cette année, c'est donc Christian Lagrange que nous accueillons au Doyenné-Maison des Arts.
"La Chenille", "Murmure", "De la terre à la pluie", trois livres aux thématiques fortes qui parlent d'exil, d'accueil, de rencontres...
Venez les découvrir et échanger avec l'auteur au vernissage de l'exposition, le samedi 2 décembre à partir de 16 heures!

En avant-première, Christian Lagrange nous a fait le plaisir de répondre à nos questions :



Bonjour, Christian Lagrange, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Bonjour à vous,
Il y a un peu plus de soixante ans, je suis né et j'ai grandi dans un quartier où Bruxelles bruxellait encore. Ma mère y tenait une blanchisserie et mon père était mécanicien. Jusqu’à 9 ans, j'ai été fils unique, puis j'ai eu une sœur, Nadine. De l'école primaire, je ne garde pas de grands souvenirs, sinon que tous les mercredis, paraissait le journal de Spirou qui à cette époque publiait les BD de très grands dessinateurs, le merveilleux Franquin par exemple, avec son fabuleux Marsupilami.
En humanités, je portais plus d'attention à mes petits griffonnages qu'à mes cours qui n'éveillaient que rarement mon intérêt. Par chance, un professeur de dessin m'a remarqué lorsque j'étais à la limite du décrochage scolaire. Chez lui, il m'a initié à la peinture à l'huile, à la poésie et à la littérature. Grâce à son attention particulière, j'ai pu être admis à l’Académie Royale des Beaux -Arts où j'ai reçu une formation classique en dessin, peinture et sculpture.  
Quel est votre parcours professionnel ?
Après les Beaux -Arts, j'ai voyagé en faisant des portraits dans la rue et des dessins à la craie sur les trottoirs. Au moment du service militaire, j'ai été engagé en tant qu'objecteur de conscience dans une ASBL qui s'occupait de la Protection de la Jeunesse. Dans ce cadre, j'ai passé deux ans à faire des dessins pour la presse, et aussi des illustrations et des affiches. Par après, j'ai suivi des cours d'Art dramatique au Studio Appia. Plus tard, avec ma compagne Christine, nous avons créé le théâtre  professionnel jeune public «Les Quatre Cents Coups » qui a tourné avec deux spectacles pendant deux ans. Petit à petit, je n'ai plus pratiqué la comédie et je me suis davantage occupé de créations scénographiques pour divers théâtres.
Au début des années 80, je suis entré au Théâtre Royal de la Monnaie qui était alors dirigé par Gérard Mortier. C'était l'âge d'or de cet opéra, les budgets étaient quasi illimités et les productions  gigantesques de grande qualité. J'y ai débuté comme aide décorateur, puis comme décorateur attaché au TRM et enfin chef décorateur indépendant. C'est une période que j'ai adoré, car elle m'a permis de travailler pour de très grandes pointures de la scénographie et de la mise en scène . A leur côté, j'ai appris énormément. J'ai aussi travaillé pour le Théâtre Varia, la Balsamine, l'Opéra de Montpellier, les Amandiers, le Centre dramatique de Créteil . Quand Gérard Mortier a fini son mandat au TRM, les budgets alloués furent sévèrement revus à la baisse, en particulier celui des décors.
J'avais rencontré dans les dessous de l'opéra, Alexandre Bouglione qui était venu voir la sculpture du  dragon de la tétralogie de Wagner, il cherchait un sculpteur pour réaliser des animaux monumentaux. Après une première commande, de fil en aiguille, nous en avons sculpté, un ami et moi, plus de 150 pour de grands cirques, des trains fantômes et des parcs d'attractions. Leur taille frisait parfois les 10 mètres.
Après quelques années de ce travail titanesque, une rencontre a changé radicalement notre activité.
Madame la Baronne van Gysel, propriétaire avec son mari de l'hôtel Le Plaza, nous a demandé d'en créer et réaliser les décors en trompe- l’œil .C'est un travail qui a pris plus de 10 ans et qui nous a ouvert les portes d'autres palaces, châteaux, villa et fêtes jet-society, tant en Belgique qu'en France, en Allemagne et en Suisse.
Je racontais des histoires en dessins à ma fille de 10 ans (c'est elle la petite fille qui apparaît dans «  Murmure ») et je me suis dit : pourquoi ne pas en faire un album ?
Je me suis mis au travail et j'ai présenté à Chantal Léonard, une série de gouaches qui mettaient en scène les aventures d'un petit garçon avec son copain, le Yéti dans le zoo familial. Elle a pris le temps de m'expliquer les exigences au niveau du scénario et du rapport textes images. Après cette avalanche d'indications nouvelles pour moi, je me suis attelé à un autre projet « La Chenille » qu'elle a accepté avec enthousiasme et qui est paru dans sa collection « À l'abordage » aux éditions Labor.
Puis il y a eu « Murmure » aux éditions de la Martinière et « De la Terre à la Pluie » aux éditions du Seuil.
Avec Chantal, qui entre-temps est devenue une amie, je viens de terminer, pour ce qui est de ma part,   12 albums pédagogiques pour l'UNICEF/ Union des Comores.
Maintenant, j'occupe un nouvel atelier où je me consacre en priorité à la sculpture en terre cuite. J'y traite des thèmes mythologiques revisités.

Le processus de création est bien sûr particulier à chaque artiste. Pouvez-vous nous parler du vôtre ? Quelles techniques avez-vous employées pour les albums que vous exposez à la Maison des Arts d’Uccle ?
Il y a toujours quelque chose sur le feu dans un coin de mon esprit. Des marmites qui se nourrissent d'images, de sensations, de livres, d'idées...Ca mijote tranquillement, de temps en temps, une de ces mixtures prend une tournure intéressante...Alors je développe, j'ajoute, je retire, je simplifie à l’extrême pour obtenir l'image, la sculpture, l'album, le percept. Pour ce qui est des albums, je dessine à la tablette graphique, en ce qui concerne le dessin proprement dit, c'est une technique très voisine des outils traditionnels, mais ça permet une plus grande souplesse dans la création car rien n'est définitif : on peut revenir à une étape précédente, repositionner un personnage, un arbre, un objet et composer facilement par le système de calques. De plus les couleurs utilisées sont en raccord avec celles de l'imprimeur.
J'attache aussi beaucoup d'importance à ce que les images n'illustrent pas le texte, ni le texte les images, je tiens à ce que ces deux langages se complètent, chacun avec sa spécificité d'expression.
Il y a des choses ou des sensations qu'on peut décrire en texte et non en image et vice-versa.
Dans le dernier album «  De la Terre à la Pluie », j'ai pris le parti de sculpter de manière traditionnelle les personnages en terre crue, puis de les photographier sous tous les angles, et enfin de les introduire dans un environnement de dessins numériques en noir et blanc. La grande souplesse du
numérique permettait avec cette mise en œuvre de servir le récit tout en proposant des images inhabituelles.

Les thèmes abordés dans ces albums ne sont pas légers.  Pouvez-vous nous raconter ce qui vous a touché dans ces thématiques et ce qui vous a poussé à les écrire ?
L'axe commun des trois albums est la résilience : ils mettent en scène des personnages fragiles qui, par leur extraordinaire force de vie, arrivent à surmonter les obstacles qui les tourmentent.
 « Chaque homme dans sa nuit s'en va vers sa lumière. ». Ce sont des livres d'espoir et d'action.
Pour moi, l'élément essentiel dans la création de ce genre d'histoire est l'empathie, le « si c'était moi » et l'urgence aussi de manifester sa colère face aux réels monstrueux que certains aurait tendance à occulter ou à banaliser, surtout quand on s'adresse aussi aux enfants. 
Avez-vous un autre livre en préparation ? pouvez-vous nous en parler un peu ?
Il y a des marmites prometteuses...ça mijote !


Merci beaucoup, et à bientôt à l’exposition ! 

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